Et tous ces mots que tu ne dis pas, comme ces voyages nocturnes qui viennent à ta rencontre parce que toi tu ne bouges pas... fais ta valise, prends le train mais bouge... mais reviens.
Et ces regrets qu'on ne regrette plus... ces mauvais souvenirs qui se patinent, s'estompent jusqu'à devenir beaux... cette faculté d'oublier et de se ressouvenir... ce tri permanent de nos souvenirs.
Et puis de se savoir aimée et on ne sait plus si on aime encore, le temps de la conquête passé, ce qu'on aime en fait c'est conquérir c'est découvrir c'est avoir peur c'est courir après ce qui nous échappe et qu'on ne peut posséder. C'est exaltant, énivrant.
Ah avoir l'eau courante à babord et à tribord ! pisser sur les brochets... m'étonne pas qu'ils ne mordent pas à l'hameçon les brochets ! Et se contenter d'être, doucettement, douillettement, se créer une intimité au savon de Marseille et à l'eau de rivière, laver des couilles avec tendresse et rougir parce que, tout de même, on a ses pudeurs.

Extrait de journal.