09 nov. 2009
Découvrez...... Agnès
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Comme une pluie d'octobre
Le temps n' est plus au chaos et je caresse les loups.
Penser à toi, dans la simplicité des choses, non dans leur fièvre. Mais y penser sans cesse. Sentir ton regard se poser sur tout ce que je touche, ton souffle à mon cou, apprivoiser enfin ta voix. Etre là. Tout près. Rester là. Tout contre. Malgré les silences, les errances. Pour un mot tendre, un seul. Pour un frisson à venir, pour une audace peut-être. Aimer. T' aimer. Tout aimer. Intimement, fidèlement. Dans une douceur de miel. Savoir que ça ne passe pas. Que ça ne passera jamais. Qu' il y a juste à sourire.
Je veux t' aimer ainsi. Sans peser. Je vais t' aimer, tu sais… Légère et silencieuse, comme une pluie d' octobre.
Agnès
http://agnesdunblogfr.unblog.fr/
03 oct. 2009
Le billet de Martin
KaOs mais debout
Un train à vapeur qui t'emporte dans la brume. Une plage de temps libre, une langue de sable, une mer qui s'endort. Des vagues un peu molles sous un ciel encore à tendre. Du linge au soleil. Un bateau qui s'en va pour ne jamais revenir. Un autre qui n'en mène pas large. Des lignes sur un cahier à petits carreaux et, derrière, quelqu'un à la fenêtre qui ne passera pas l'hiver. Des pêcheurs bredouilles qui se demandent est-ce que c'est ça une vie. Un miroir et son alouette. Un espoir déçu mais vivant, toujours. Un drapeau d'aucun pays flottant dans le vent, libre. Tout ce qu'on dit dans ce qu'on ne dit pas. Tout ce que les mots racontent d'une histoire illisible. Un dictionnaire à écrire sur le sens de nos vies. Des images, des mots du passé qui dessinent un avenir où tout n'est pas si noir, parce qu'il ne faut pas mourir, parce que vivre est précieux, dit-on. Une mémoire vive qui n'oubliera jamais rien. Où chaque souvenir sera toujours un cadeau, un présent, un aujourd'hui à sourire, quelque chose encore à faire, à cultiver, parce qu'on ne sait jamais.
Deux mains douces pour y poser une bouche. Des yeux fermés pour imaginer un vaste monde. Un silence qui prend tout. Un cri pour le rompre. Une déchirure éternelle. Un orage intérieur. Un univers à l'envers. Une chaîne d'arpenteur pour en prendre la démesure. Une plume légère pour écrire des mots d'amour, et qui ne servirait qu'à ça. Une adresse où les envoyer. Oui mais l'adresse est perdue. Oui mais les mots sont les mêmes.
Quand je dessine je pense à tout ça. Je trace des figures, des visages comme des paysages. Des enfances de lumière que la nuit va manger. Le sentiment confus qu'il n'y a pas de route, seulement des chemins de fortune. Des enfances la mort sous la peau. Je fume, j'efface, et je ne parle qu'à moi. C'est mauvais, souvent. Aussi âcre que cette poudre de saule au bout de mes doigts. Je recommence, je fume, j'efface encore, et tu pars pour toujours. C'est la vie. Ca fait mal, c'est comme ça. Ventre de pierre. Je barbouille le papier, histoire de m'occuper à autre chose que ce qui me hante. Et du noir émerge un chaos enlaçant sa douleur. Des papillons en lambeaux. La pluie du chagrin. Des chiens errants reniflant la blessure. Les entités blanches d'une galaxie défunte. Les serpents nichés dans mon crâne. Un chaos sans violence pourtant, et qui ne serait pas la mort. Plutôt quelque chose d'immensément doux et tendre, noyé dans sa désespérance absolue. Dont je tenterais d'extraire la lumière essentielle.
Je laisse tout venir, aussi, de ma propre enfance. Les hurlements des bêtes sacrifiées, le carnaval des fouets, les peurs emmurées dans la prison du silence, la prédation des géants. Je laisse tout venir, toute mon histoire. Je laisse tout venir dans ma tête où sont mes mains. Pour savoir où j'en suis, si l'humain a gagné un peu, encore, sur l'animal. Si ma punition est finie. Je dessine comme je vis, je vis comme je peux. Parfois ça déraille, ça sort du cadre, ça s'en va sur les murs parce que la feuille est trop petite, ça grimpe comme des araignées, des mots noirs, velus, avec des pattes. Les mots d'un dessein qui m'échappe. Revenir alors, revenir du vertige. Et puis écrire ce que j'échouerai toujours à montrer.
Je dessine des visages, les figures d'un visage qui pourrait être le mien et celui de tous les hommes. Ce que chacun de nous reconnaît de soi dans ces têtes qui ne sont pas les nôtres, cette beauté profonde et fragile vouée à la disparition, que le temps, petit à petit, défigure. L'espérance dressée dans la nuit d'un regard.
Quelle saveur aura le monde, le désert à venir ? Où trouver la force de vivre pour d'autres quand elle me manque pour moi-même ? Mais il y a des choses à faire, des choses ordinaires de la vie d'ici. Qui seront faites parce qu'il le faudra bien, pas le choix, même le regard vague, l'esprit ailleurs. Là-bas où l'indien fou cherchera sans trêve jusqu'à la fin des jours les traces de cette terre disparue où coule son sang.
Je me souviens de ma chère amie, de nos promenades sur les landes, les soirs d'été, quand nous avions dix ans et une vie devant nous, quand rien de nos existences ne s'était encore abîmé. Quand nous ne savions pas que rien ne tiendrait jamais debout. Qu'il n'y a rien à savoir. Qu'il n'y a que des choix à faire, et que nous nous trompons souvent. Que ce nous avons loupé nous ne l'avons pas assez voulu, peut-être. Et pourtant, pourtant...
Le voisin est passé, deux minutes, il voulait un coup de main pour le bois. On a bu un verre, échangé trois mots. Je ne saurai jamais s'il est triste, il sourit rarement et quand il le fait c'est comme un effort. La pénombre est venue. Comme viendra la nuit aussi, l'immense nuit sans fond où se perdront mes songes.
Dans l'atelier assombri de crépuscule, mains suspendues, aveugle, interdit, abandonné à la morsure, je me fige dans l'abstraction du monde. J'attends la vie pour qu'elle me rattrape. Je me penche à la fenêtre pour y regarder le ciel, respirer l'espace, je n'y vois que mon intérieur, un peu rabougri, un peu étouffant. Une cellule aux murs sombres et nus, écrans d'une projection intime où défilent les images d'un voyage sans but à travers une plaine déserte où coule une rivière se mourant dans un delta qui n'atteindra jamais la mer. Une boucle absurde qui s'annule dans la fin même qui la recommence. Je voudrais autre chose dont je ne sais pas le nom. Quelque chose qui toujours s'en va, ne fait jamais que passer et me file entre les doigts. Quelque chose. Quelqu'un. Qui aurait des yeux comme des portes, du bleu des ciels lavés des tempêtes.
Et vient cette ombre adorée qui toujours traversera le monde pour me rejoindre à l'appel incessant de mon coeur.
Quand je dessine je pense à tout ça. Quand je ne dessine pas aussi.
Martin CADEAU
11 août 2009
26 juil. 2009
Le billet de Martin
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Rêver sans fin...
par Martin Cadeau
Là tout de suite, tu ne sais pas trop comment faire, alors tu laisses aller comme ça vient puisqu'il faut bien que ça sorte. Ca fait tellement mal. Tu ne savais pas qu'on pouvait souffrir autant. Maintenant oui, tu auras appris quelque chose aujourd'hui, tu mourras moins idiot, c'est toujours ça de pris. Tu laisses aller comme ça vient, et ça vient de partout, ça tombe comme une pluie drue et glacée. Tu ne sais pas quoi faire de ton corps sans forces. Tu n'as jamais été si lourd, si lent, si dévasté par cette idée fixe ravageant tes chairs. Où que tu ailles et quoi que tu fasses tu n'as pas d'abri, pas de repos, pas de répit. Tu n'es plus que de la viande à vif. C'est dedans qu'il pleut, ce sont des larmes, des rasoirs, et chaque goutte te lacère. C'est dedans et dehors, partout et sans trêve. C'est transparent toute cette eau qui tombe, puis ça se mêle au sang, c'est rose confiture mais c'est amer, ça coule jusqu'au sol le long de ton corps et ça forme une petite mer profonde comme un gouffre où tu te noies doucement. Tu gesticules, tu protestes, tu refuses l'évidence, tu hurles des choses confuses, tu te la joues même pas mal mais t'as mal putain, t'essaies même d'en sourire mais ta gueule dans le miroir te ramène au réel : t'as l'air d'une gargouille. C'est plus une tête que tu as mais la preuve formelle qu'être humain n'est qu'un statut fragile et temporaire. Tu cries aussi, contre le silence, parce que tout vaut mieux que le silence. Il te ramène à ton obsession, le silence. Non, tu ne veux pas du silence, tu veux des serments absolus, des mots tendres, des mots d'amour et s'ils n'en sont pas n'importe quels mots pourvu qu'on te parle. Qu'elle te parle. Tu cries à sa place, tu cries pour elle, tu dis les mots que tu voudrais entendre de sa bouche adorée, les mots contre la solitude noire qui t'enveloppe, contre la nuit revenue, l'hiver éternel que tu croyais enfui. Mais personne ne t'entend plus, personne ne t'écoute, tu es tout seul au milieu du monde, transi dans le froid de juillet, dans ta nuit en plein midi. Et tu coules. Tu réveilles seulement les morts, ils sont là le trou du nez collé aux fenêtres, eux seuls t'entendent. Et ils te disent que ce que tu vis ils l'ont vécu aussi. Que ce n'est rien, que tout finira bien un jour. Que même la douleur a une fin. Mais toi tu dis non, tu ne veux pas. Tu leur parles de l'espoir, de la vraie vie, de coeurs battants, tu leur parles des nuages, des merveilleux nuages à son image. Tu leur dis le noir de ses cheveux, le bleu de ses yeux et le blanc de sa peau douce. Tu leur dis l'ineffable apaisement de sa présence, la lumière parfaite de son être. Tu leur dis qu'elle ne peut pas partir, qu'elle sera toujours là. Tu leur dis qu'elle reviendra, qu'il ne peut en être autrement. Tu les fais bien rire.
Tu leur dis que c'est elle que tu entends quand les autres te parlent et que tu ne les écoutes pas, tu leur dis que c'est elle que tu vois partout, en toute chose. Qu'entre elle et toi rien ne trouve à se loger, que rien ne saurait jamais te la cacher puisqu'elle est en toi, puisqu'elle est devant toute chose, partout, dans chaque recoin de ton être, qu'elle est le seul horizon et le seul ciel possibles. Tu fais ton animal brutal, tu craches à la gueule de cette morale qui vous a vaincus. Tu voudrais lui faire la peau à celle-là mais tu sais que tu as déjà perdu, alors c'est toi, toi et ta violence que tu jettes contre les murs. Il faut que ça sorte, tu laisses aller comme ça vient, et ça vient de loin. Tu laisses aller et c'est noir, brûlant et acide. C'est dans tes entrailles et ça te mord, ça t'arrache les tripes. Tu n'as jamais été aussi vivant que dans cette mort promise que tu repousses. Et tu as peur. Tu n'as jamais eu si peur, et tu sais pourquoi. Tu y penses déjà à ce jour-là. Celui où tu mourras sans elle. Tu n'as jamais cru en rien mais tes certitudes vacillent. Il n'y a rien après, tu disais. Maintenant tu en doutes. Tu partiras sans elle, tu seras seul, immensément seul. Tu partiras en silence vers ta longue nuit, sans l'avoir revue, sans lui avoir redit, une fois encore, ton amour absolu ; sans avoir touché sa main chaude et douce ; sans avoir revu les mers limpides et si bleues de ses yeux tant aimés. Ton dernier souffle sera pour elle mais elle ne l'entendra pas. Tu ne sais plus si vraiment il n'y a rien après, peut-être qu'il y a quelque chose comme une éternité et tu le redoutes, une éternité sans elle, qui aura le goût de celle que tu connais déjà et tu t'y enfonceras sans fin dans le désert de ta peur. Tu les fais bien rire, les morts, avec tes lubies de vivant. Tu voulais rencontrer un ange, on t'avait toujours dit qu'il n'en existait pas sur la terre mais tu le voulais quand même. Tu voulais un ange, tu en rêvais, et il est venu un soir d'hiver en robe de bal avec des oies sauvages et le monde s'est mis à tourner comme tu l'avais imaginé, tu as su alors qu'il n'est jamais vain de rêver, rêver très fort et plus encore, et longtemps, longtemps, pour que prenne forme même l'impossible. Il était beau ton rêve, plus beau que toutes les beautés connues. Il t'attendait dans une maison sous les étoiles perdue au milieu des collines. Et rien ne pouvait lui être comparé, c'était un rêve entier, majuscule, un soleil doux de l'automne, un rêve d'orpailleur qu'on ne touche qu'une fois, d'inventeur naïf et obstiné. Un poème magnifique que nul n'avait encore écrit parce que ni les mots ni aucun génie n'auraient jamais pu lui imaginer tant de grâce.
Il te faut parler, parler, parler. Parler encore pour abolir le mal, pour repousser la nuit de toutes les nuits, parler pour rester vivant contre l'absurdité, contre le néant. Parler pour se souvenir de sa voix, cette eau claire qui t'inondait d'un bonheur sans nom, te pénétrait jusqu'au vertige, te réconciliait avec toi-même. Chaque mot dans sa bouche était un baume, chaque mouvement de ses lèvres une vague qui t'emportait, chaque souffle une caresse offerte, un bonheur supplémentaire. Il te faut parler pour conjurer le silence. Mais ça tombe toujours, il faudrait que tu bouges, que tu remues ta carcasse, que tu empêches la plaie de s'ouvrir encore. Il faudrait qu'elle soit là pour que le monde ait un sens. Souviens-toi comme il suffisait de sa présence pour que tout soit en ordre, elle n'avait rien à dire, rien à faire, et tout était là : des champs, des vallées, des plaines traversées de rivières, des forêts, des chemins bordés de fleurs sous des ciels changeants et rapides peuplés d'improbables nuages aux extravagantes boursouflures. Et chaque pas que vous posiez ensemble dans ce paradis entrevu était le plus beau des voyages.
Tu as cru que tu ne serais plus jamais seul, que le long chemin où tu errais depuis toujours tu en avais vu le bout, et voilà qu'un autre se dessine à perte de vue, plus étroit, plus sombre et tortueux que tout ce que tu as connu. Ce paysage devant toi est la terreur même, cette forme extrême de la mélancolie. On ne sort pas du labyrinthe. Tu le savais. Et cependant, incurable utopiste, tu espères encore. Tu joins tes mains, homme sans dieu tu pries. Tu joins tes mains comme on fait un nid et dedans tu la vois, tu souris à son incomparable humanité, elle est ton ciel resplendissant de clarté au milieu des ténèbres. Tu l'aimeras toujours, tu n'y peux rien. Un jour, oui un jour, un jour tu lui diras ces mots qu'on dit à ceux qu'on aime : "Bébé, c'est moi. Tu peux rapporter du pain s'il te plaît ?... A tout de suite mon amour". Et tout sera bien, enfin....
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16 juil. 2009
Découvrir ou Redécouvrir
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Josée Van Lierop
par
Hérésidore
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22 juin 2009
Découvrez l'univers de.......
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Sarah
chez Curioso Furioso
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"Et puis on n’a qu’a faire comme si…
On n’a qu’à faire comme si toi tu avais une belle queue et un long museau ; on n’a qu’à faire comme si moi j’étais agile et balancée ; on n’a qu’à faire comme si toi tu étais un beau loup et moi un petit lapin frétillant et que je pouvais grimper très très haut dans l’arbre et que toi tu m’attendrais en jubilant et puis après peut-être tu pourrais me pique-niquer, après, si tu es sage, si je veux bien descendre…
On n’a qu’à dire que ton sexe est une marionnette, et le mien aussi, et on jouerait au chasseur qui tombe dans le piège à loup, et le loup qui rit et le petit lapin qui lui lèche les babines.
On n’a qu’à dire que ton sexe est mon petit animal de compagnie et qu’il aime pas les autres gens et qu’il a peur sans moi et qu’il vient se cacher dans mes jupes. Et moi aussi un petit animal craintif à caresser dans le sens du poil et puis après je t’aime et je m’ébroue et j’ai très faim.
On n’a qu’à dire qu’on se connaît depuis toujours et qu’avant on était des ours et qu’on jouait ensemble depuis toujours et qu’on était des baleines et qu’on nageait et qu’on faisait des concours de jet d’eau depuis toujours, et qu’on était des aigles et qu’on pouvait se voir à des kilomètres depuis toujours et qu’on était des couleuvres et qu’on s’enroulait l’un à l’autre et qu’on pouvait se frotter chaque parcelle de peau et s’emmêler et faire des nœuds, et qu’on était dans le même œuf et qu’on avait qu’une bouche."
13 juin 2009
Et voilà.... encore un qui s'en va... et zut !!
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Peu à peu cette page s'éclaircit, redevient vièrge, ne foisonne plus que de silences de plus en plus longs. Les visites se raréfient et pour cause, c'est qu'il faut produire, entretenir l'étal, foutre l'avarié dans le container prévu à cet effet et le remplacer par du sanguinolent de première bourre. Des colères en vrac et qui me laissent froissé, du récit impudique, de la bonne pensée en noirte et rouge, deux ans et demi d'élucubrations vaniteuses ont fait de ma plume un débris de mue. De ces débris que l'on ramasse sans jamais voir l'oiseau qui sans vergogne les a laissé choir de la nue : Ça, c'est au moins une plume d'aigle ! Mais non ballot c'est celle d'un piaf !"
La suite chez HUMEUR NOIRTE
03 juin 2009
Cet enfant que je t'avais fait

Photo Edouard Boubat
18 mai 2009
Le billet de Martin
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Paysage n°152, acrylique sur toile, 60x30cm
"C'est venu dans la nuit, parce que la nuit tout est toujours plus clair. Ca mûrit dans les songes, ça se faufile dans le corps et ça trouve sa place, c'est une blessure qui se referme pour ne plus souffrir. Au matin, c'est là comme une évidence à laquelle je ne comprends rien, il faut seulement la dire au mieux, et qu'importe le temps qu'il lui faudra pour devenir une vie, même seulement un morceau, un éclat. Nos illusions nous tiennent debout et je suis comme tout le monde.
Je me lève avec l'aube, je vais marcher dans le jour qui se lève, les mains dans les poches, le menton dans le col, je marche vite parce que je sais que je vais mourir. Personne n'a de temps à perdre, ni moi non plus. C'est en marchant que la peinture se fait, dans la tête, rien que là. Il n'y a pas de paysage, pas de vrai paysage, pas de plus vrai paysage que celui qu'on se fait. Je me fais mon paysage et je suis dedans, et tout y est sombre, troué par la lumière qui ne veut pas se rendre. Elle est là-bas, derrière l'horizon, c'est pour elle qu'autour tout se noie dans son propre effacement, et pourtant c'est là, tout se tient dans l'ombre, et l'ombre est vaste comme un silence où toute vie s'est dissoute. Comment dire ce combat de la lumière, je ne sais pas. Je n'ai pas les mots, je prends des pinceaux et ça se couche sur ce qui d'abord est d'un blanc de linceul. De ma bouche, alors, coule une eau noire, je ne veux pas de ce blanc, je veux la nuit, la nuit profonde, ma nuit à moi, celle des chimères et des vertiges, la nuit de toutes mes nuits, la grande nuit mélancolique de tous les possibles. C'est comme ça, le noir est le début de ce qui n'est pas encore un monde, et la lumière vient, après, petit à petit. Elle vient comme un oiseau, elle vient avec le vent, elle se pose où elle veut, elle caresse la nuit, elle calme la douleur. Il suffit de laisser faire, de repartir encore sur le chemin s'il le faut quand ça va plus, quand trop loin dans le labyrinthe on irait bien jusqu'au bout en oubliant la sortie, on ne s'en sort jamais de toute façon alors à quoi bon. C'est là que revient le sourire, la distance et peut-être l'humour, et mon envie, aussi, de respirer par les yeux, de parler à ce qui s'offre, l'écouter, de repousser la fatigue, de pleurer un peu pour nettoyer les yeux. Je veux peindre encore, dire encore, essayer encore, me tromper encore, recommencer encore. Contre la nuit je me fais animal, ce n'est pas moi qui peins, mais quelqu'un d'autre, ou quelque chose de têtu, qui se tient au fond de ma terre et qui veut s'en extraire, un mort qui se relève, une vie qui se révèle. Une illusion supplémentaire, habillée de lumière. Nous sommes des papillons. Je peins comme je respire, je respire comme je mens, et je mens comme je peins, avec toute l'élégance dont je peux faire preuve. Mais le compte n'y est jamais, loin s'en faut. Je le sais, moi.
Tout a l'air vrai et propre chez le monsieur comme il faut. J'habille la catastrophe, je lui donne bonne figure. Je range mon monde comme une mère range la chambre de son enfant, tout semble à sa place, dans cet ordre qu'on dit des choses. On se prend même à penser que la mort ne viendra jamais. Papillons, papillons, petits papillons, petits patapons. Tout paysage est la couverture du réel, l'excuse majeure de nos prétentions, mais dessous, dessous ?..."
Martin Cadeau
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Vous pouvez bien évidemment laisser vos commentaires à Martin ici. J'ignore s'il vous répondra mais je suis sûre qu'il vous lira. Je n'interviendrai pas sauf pour y placer mon propre commentaire.
Mû,
30 avr. 2009
Découvrez l'univers de..........
Sidonie a fait dix-sept ans de trapèze fixe. Pas un pépin ! Question sécurité y avait pas plus sourcilleuse... Elle avait l'œil sur tout, les monteurs, les machinos, les pisteurs et tout le matériel.
Un soir de relâche, dans la caravane, alors qu'elle avait envie d'une semoule, elle est montée sur un tabouret pour attraper la couscoussière qu'était cachée comme qui dirait dans les combles. Comme le tabouret était branque et mou du barreau elle s'est furieusement taulée. Ah non, c'était pas pour rire... La colonne amochée, le bassin fêlé, la mâchoire décrochée et une fracture ouverte de la guibole gauche, sa meilleure, elle avait son compte. Quand on l'a retrouvée par terre, longtemps après, elle baignait dans son jus, au fond des vaps, et le clown qu'est féru d'art moderne a évoqué l'époque cubiste d'un Picasso en période rouge..../....
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