18 nov. 2009
Grrrrrr
Matin maussade à tendance grognon. Ciel gris sale et ligne d'horizon de travers. Il y a cette pluie de novembre qui n'en finit pas de couler, ce brouhaha incessant des autres, ces voitures sur "ma" route, ces feux verts qui passent au rouge dès que j'arrive, cette femme assise par terre devant la boulangerie, ces silhouettes grises qui la frôlent et l'ignorent, ce klaxon qui me fait sursauter, ce doigt d'honneur agressif, ce flic qui gesticule au carrefour... Mais qu'est-ce que je fiche dans cette voiture, au milieu du désordre extérieur, alors que j'ai juste envie de me coller à un dos nu et d'en lécher la peau ?
08 oct. 2009
La marée je l'ai dans le coeur
Elle se retirait. Elle le sentait depuis plusieurs jours déjà, à quelques frémissements de son être, qu'elle allait se retirer. Pas dans sa coquille, l'a pas de coquille. Pas dans sa bulle, trop fragile sa bulle. Non elle se retirait au-delà d'elle-même. Loin. Très loin. Aussi loin que l'océan aux marées d'équinoxe. Sauf qu'elle ignorait si elle reviendrait dans 6 heures 6 jours ou 6 semaines. L'avait plus de lunaisons, plus de saisons non plus.
Mais de quoi je me protège, là ?... Arrête ! Cesse de te poser des questions, vire tes points d'interrogation, suis ton mouvement intérieur, laisse dériver, retire-toi. Tu reviendras de toute façon. Je reviendrai de toute façon. "La marée je l'ai dans le coeur...."
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"Cette rumeur qui vient de là
Sous l'arc copain où je m'aveugle
Ces mains qui me font du fla-fla
Ces mains ruminantes qui meuglent
Cette rumeur me suit longtemps
Comme un mendiant sous l'anathème
Comme l'ombre qui perd son temps
À dessiner mon théorème..."
19 sept. 2009
Sale temps, les mouches patinent
Ciel maussade à tendance pluvieuse. Pas une pluie violente qui te fouette le dos et te fait courir à perdre haleine en riant, non, une bruine douce comme une caresse, insidieuse comme une rumeur, qui s'infiltre dans la moindre de tes porosités, jusqu'à l'os, et s'y installe confortablement. Suis benaise, moi, là, sous ma couette, dans mes odeurs nocturnes, algues et essence d'eucalyptus, les yeux tournés vers la trouée céleste, les neurones allanguis tricotant dans le désordre des pensées non conjuguées qui sautent de branche en branche, du sol au plafond, d'ouest en est, de moi à toi, peut-être aussi de toi à moi, qui sait. Je pense à celui-ci qui bave ses mots comme un enfant qui fait ses dents. A cette autre qui règle ses comptes affectifs en live à s'en meurtrir l'âme. A cette autre encore, qui silence, emmurée dans son pathos familial. Je pense à mon frère mort il y a exactement deux ans d'une maladie "foudroyante" sans avoir pu fumer son dernier joint... ça pour foudroyer elle a foudroyé. Moi itou. Je pense à ce dieu improbable qui me ferait presque croire à l'existence du diable. Tiens, je relirais bien "le Maître et Marguerite", l'un des rares livres que j'ai conservé de ma période russe quand j'ai fait le ménage dans ma bibiliothèque. Ménage, faut que je... Nan, pas aujourd'hui. Je préfère penser à toi, encore, toi qui viens dans mes riens aux heures plates du matin. Toi qui. Toi que. Toi qui joues à moi et à mots. "Et où les mettre ces mille mots qui pleuplent l'esprit les jours où on a faim à en mourir"... qui a écrit ça déjà ? qui ? Flûte j'ai un trou de mémoire, là.
Journal, 16 septembre 2009
30 juin 2009
Dans tous les sens
Et tous ces mots que tu ne dis pas, comme ces voyages nocturnes qui viennent à ta rencontre parce que toi tu ne bouges pas... fais ta valise, prends le train mais bouge... mais reviens.
Et ces regrets qu'on ne regrette plus... ces mauvais souvenirs qui se patinent, s'estompent jusqu'à devenir beaux... cette faculté d'oublier et de se ressouvenir... ce tri permanent de nos souvenirs.
Et puis de se savoir aimée et on ne sait plus si on aime encore, le temps de la conquête passé, ce qu'on aime en fait c'est conquérir c'est découvrir c'est avoir peur c'est courir après ce qui nous échappe et qu'on ne peut posséder. C'est exaltant, énivrant.
Ah avoir l'eau courante à babord et à tribord ! pisser sur les brochets... m'étonne pas qu'ils ne mordent pas à l'hameçon les brochets ! Et se contenter d'être, doucettement, douillettement, se créer une intimité au savon de Marseille et à l'eau de rivière, laver des couilles avec tendresse et rougir parce que, tout de même, on a ses pudeurs.
Extrait de journal.













