Blogamû

Des mots, des couleurs, des formes, des symbôles, des...des.... Poèmes. Chansons. Slam. Textes déposés à la Société des Gens de Lettres

01 déc. 2009

Le cygne

Au fond d'un vase
un crabe
les bras en croix
cherche
entre les lignes mnémoniques
inversées et chaotiques
d'une partition jaunie
la clé de sa métamorphose en scarabée

Près de là
assise en amazone sur un rocher
une sirène
écrit
sur une figurine en bois d'aulne
les sept lettres de son nom
à l'encre marine
avec une des plumes de l'aile gauche
d'un cygne

La ligne d'horizon
sanguine et prometteuse
s'orne lentement de cercles
tels points de suspension
........

(MCB, Symboliques, déposé SGDL)

Posté par loquemu à 07:20 - Poèmes Mû - Commentaires [2] - Permalien [#]

22 oct. 2009

Allons, viens.....

oct09nbT00

Clapotis de doigts tendres,
il chavire en absinthe
Sous le pastel pétri passivement complice
Bourdonnement d'envies sans prophétique née
La proie n'en revient pas de son regard violet
Ingénument plaintive, elle réclame un pactole
Rivière de cailloux d'or oubliée en Lydie.
Pacotille, dit-il, allons vers le nord-ouest
Nous tracerons la route à ces invertébrés
Qui distillent l'amour comme à des condamnés
La dernière cigarette. Ne ferme pas le pourpre
De tes mains de sanguine et libère la bête
De son licou pesant qui trace une plaie vive
Sur sa gorge dorée et comme anesthésiée.
Mystérieuse puissance issue de ses ailleurs
Il met le blé en gerbe de la terre en jachère
Et paisible il attend que naisse le Mouvement
De ses muscles errant sur tes épaules nues.

Nous avons bien le temps que de nous reposer
Allons, viens, tu verras la moisson sera dense
Déploie ton corps de femme froissé en son oubli
Et je t'inventerai encore des demains inouis
Tout zébrés de sabords que tu n'oublieras pas.
Elle entr'ouvre les yeux
et voit qu'il ne ment pas
Insouciante désertion appelant le ravage
Fauche ses repentirs au parfum de l'outrage.
Somnambule promenade jusques'en ses octaves
Elle ocre ses entrailles de senteurs éternelles
Car l'instant est propice
et la tendresse chaude.
Environnée d'aumônes après les vents d'autan
Elle occupe la place de toute sa montaison
Et migre en des eaux douces
pour s'en aller frayer
Vers des lieux ignorés de tous les couvre-feux.

Diabolique bourrasque dont le monde est exclu
La mâture s'emballe sous les vents intrépides.
Tenant pavillon haut le bateau ne plie pas
D'un gouvernail habile la route est dégagée
Et le vent des Açores parfume de gaîté
L'arrivée du Voilier enfin rentré au port.

(Le Voilier, déposé SGDL)

Posté par loquemu à 13:18 - Poèmes Mû - Commentaires [26] - Permalien [#]

15 sept. 2009

Presque à demi chaos

Presque violemment extraite
d'un semi-dormir indigeste
où toute vie épouse le lancinant
murmure des marées
les pieds presqu'à demi enfouis
dans le varech et l'argile
d'un bout d'histoire anesthésiant
Presque momie

Presque violemment extraite
j'avais conscience d'un chaos cellulaire
au-delà perceptible
comme si comme si
soudain la vie m'agressait
comme agressent amour ou passion
aux coupantes arêtes
tel silex d'où pourtant
naitra la chaude flamme
d'un éclair régénérant

Presque violemment extraite
d'un balancier charmeur et hypnotique
j'avais conscience d'un chaos
Presqu'à fleur de peau
sans préparatoire maîtrise

Corps ! tu es en retard sur mon destin !

(Presqu'à demi Chaos. Déposé SGDL)

Posté par loquemu à 09:37 - Poèmes Mû - Commentaires [11] - Permalien [#]

01 sept. 2009

Gémis c'est un ordre !

Entre cauchemard et envoûtement
les lutins diaprés de mes insomnies
s'introduisent sans préambule
dans mes corridors de solitude
Gémis !
Gémis c'est un ordre !
Coque délaissée au ventre désenvahi
-bouquet d'asters violacés-
j'aurais encore aimé pouvoir chanter
des impudeurs sucrées aux fenêtres de mes nuits
Gémis !
Gémis c'est un ordre !

Ah la la...la vie, dit l'ennui
-une fleur ne pense pas de même-
dans mes replis, sous la paume de mes mains
et dans mon coeur
-triangulaire au possible - c'est
comme une étrange affaire de peau
Gémis !
Gémis c'est un ordre !
Demeure l'insoumise la mâtine la rebelle
-présente-
accrochée au fil ténue de ta musique intime
dans ce tourbillon anarchique de tes artères
-interrogation essentielle-
Mémoire quand même !

Quelque part des rites imbéciles
s'installent en silence
jusqu'au dessein final
qui engendrera la morsure
Gémis !
Gémis c'est un ordre !
Pourtant
dans un quartier de ma vie
la création a repris sa place
du bout de ses seins blancs
-soie des doigts au triangle charnel
dentelé de fibres arachnéennes-
malgré le hurlement d'envie des faiseurs de défaites
et le capharnaüm du dehors
Gémis !
Gémis c'est un ordre !

Longtemps après
-statue de boue en devenir de glaise-
après quelques guerres sans importance
il m'a dit "les fleurs fleurent"
Et plant !
"Il ne faut pas renier ses mots"
ai-je répondu.

Le jour était alors levé.

"Irisation de mes nuits", déposé à la SGDL.

Posté par loquemu à 13:35 - Poèmes Mû - Commentaires [17] - Permalien [#]

06 juil. 2009

L'amante sacrilège

- Fais-moi encore cet amour-là, dit-il, gourmand.
Des odeurs d'intimité flottent sur les peaux. Sa main trouve hanche, ventre, s'y installe comme une évidence et méandre dans les vallons du corps. Plaisir en crescendo dans ce pays limité à ses contours. Fleur de peau qu'elle effleure qu'elle effeuille. Lapsus doigté. Sur le mur, en ombre chinoise, l'épure d'un amour figuré à l'imparfait.
- Fais-moi encore des naissances, dit-il, sincère.
Elle aiguise ses voluptés, caresse du doigt une ancienne défaite en forme de cicatrice, congédie le passé, souffle sur les souvenirs. Premier rayon de paix, sensation magique.
- Fais-moi encore des demains, dit-il, inquiet.
L'ombre des mots enfouis refroidit les corps, le vent s'installe derrière la fenêtre frôlant les cuisses nues de la nuit. Ressac boiteux. Une autre femme l'enfantera encore dans un roucoulement de bonheur déguisé. Fond de regard dépoétisé. Mythe impérissable.
- Fais-moi encore des fééries, dit-il, dans un murmure.
Transcendant soudain la loi de l'arcane, à la diagonale de sa géométrie symbolique, dans le magma des signes génétiques, en amante sacrilège, elle ressuscite encore une fois l'éclat de son regard.

(MCB, déposé SGDL)

Posté par loquemu à 11:27 - Poèmes Mû - Commentaires [11] - Permalien [#]

24 juin 2009

Le Magicien

P1060953

Dis, dis-moi...
De quel univers suis-je le Nombre ?
Dis-moi la ritournelle
goutte de vérité
essentiellement effervescente et pure
Dis-moi
la musique de Jarrett
est-elle miroir ? monosyllabe magique ?
Dis-moi des quatrains de quat'sous
des enfants astronautes
des délices moelleux
entre peau et joyau
Dis-moi l'alizarine la capucine
le pompon le doudou
le bambou l'ibis l'isatis
Dis-moi...
l'âme humaine est-elle en papier ?
Dis-moi des sacrilèges
l'orient l'occident
Dis-moi des chuintements
le déluge le vermoussu
le pourpre le diaphane
Dis-moi des existences téméraires
des convoitises historiques
des insuffisances comblées
Dis-moi
Magicien médiateur de mes songes
De quel univers suis-je donc le Nombre
?
(Texte déposé SGDL)

Posté par loquemu à 16:08 - Poèmes Mû - Commentaires [30] - Permalien [#]

24 avr. 2009

Rose

Parmi les livres de guingois
affalée
telle éclose
et repue
sans rien
sans vide et sans ennui
sous son crâne
du vent
et un peu de mousse aussi
les jambes ouvertes
sur d'autres formules de nuit
un rien d'amertume
glissant
le long de ses cheveux
Elle est.

Dis
ne la déchire pas.


("Rose", déposé SGDL)

Posté par loquemu à 09:26 - Poèmes Mû - Commentaires [12] - Permalien [#]

15 avr. 2009

La Jalousie

Elle est nichée sous une cascade d'habitudes
dans des draps goguenards ou à fleurs
qu'importe
Elle a un déhanchement avare
des jambes en forme de clés à molette
et un cul rustique
Elle s'accroche jusqu'au bout des cils du doute
avec infiniment de désespoir
aussi
Elle a des genoux noueux
et un rire de tenaille
soulève des oublis poussiéreux
et assaisonne les relations
au vinaigre de la mauvaise foi
Elle se vautre dans un carnaval de contradictions
désarme les désirs les plus tenaces
attise des remords refroidis par le temps
et glisse dans une diarrhée de repentirs
comme sur une peau de banane
Elle s'expatrie en grandiloquence parfumée
ou dans un silence à couper au couteau
Elle ribouldingue lamentablement
en caracoles bâtardes
et saborde l'enfant
qu'elle n'a jamais été

La Jalousie.

Posté par loquemu à 08:20 - Poèmes Mû - Commentaires [10] - Permalien [#]

02 avr. 2009

Le Pardon

Il offre des croissants de lune
au petit déjeuner
Une couronne de tendresse
sur ses cheveux noyés
Et suspend son regard
à la gouttière du temps
pour ne pas troubler
les couleurs.

Il funambule sur un ruban
de caresses fragiles
Des promesses-guirlandes
à la boutonnière
et invente des mots d'amour
en javanais
pour rejoindre l'autre
sur sa rive...

Le Pardon.

Posté par loquemu à 10:14 - Poèmes Mû - Commentaires [14] - Permalien [#]

24 mars 2009

La Colère

Elle était belle et blanche
lestée d'interdits d'un bout à l'autre
embrigadée depuis le début des replis de l'enfance
dans un clair-obscur même pas vénitien
suspendue en attente du prétexte
sur le rebord d'un regret végétatif
attisant des rancunes refroidies depuis des ans
mal définis.
Elle était belle et à la sauce piquante
tapie dans un coin de liberté
avec un millionième de bonne foi à la clé
et une suspiscion aseptisée par l'oubli
pourtant épiée par des amertumes
mal digérées.
Elle était belle et impatiente
dans l'arithmétique de ses gestes désespérés
trahie par le bistouri de sa langue
sans le courage de pleuvoir les pétales de rose
en équilibre sur le bout de ses lèvres
prête à se répandre comme on se fane
en pardon.
Elle était belle et presque nue
dans sa culbute vers après
sous le réverbère de ses défaites
en train de rassembler des miettes de bonnes raisons
tentant vainement d'offrir sa paix
livrant bataille avec le velours surhumain
de son envie de caresses.

Elle était belle et orgueilleuse
la Colère.

(La colère, déposée à la SGDL)

Posté par loquemu à 18:37 - Poèmes Mû - Commentaires [17] - Permalien [#]
« Accueil  1  2  3  4  5   Page suivante »