29 août 2009
A 2 h du matin
A deux heures du matin, quand l'imagination part en vadrouille à la recherche d'une ombre dans un lit, en attente d'une sonnerie de téléphone, en parenthèses vierges, mes pointillés se modèlent en sculptures grimaçantes, mes jalousies se cognent à mes portes, et de vieilles colères frémissent dans le lointain. A deux heures du matin, je t'imagine dans un pieu d'égarement en drap de satin, collectionnant tes mythes, sans attaché-case et en noeud pap', dans les vapeurs d'alcool féminin sous un faux col d'utérus agacé, et mes jalousies grondent comme lions en cage. A deux heures du matin, en cherchant bien, je trouve un vieux paquet de cigarettes et mes colères ne se calment pas. A deux heures du matin, mes verroux sont fermés à double tour et..... drriiinnnnng... !
- Allô ! au secours mon amour ! viens prenons le premier bateau en partance et allons le faire ce tour de nous, ne nous perdons pas encore lors des escales, évitons le rocher aux sirènes, les dévoreurs d'enfance, les destructeurs de folies, les sangsues de la créativité, les voleurs d'instants, les invalides du bonheur, les maniaques de l'ego, dépêchons-nous, nous allons encore rater des moments par manque de regards, de gestes, de....
- Calme-toi, j'arrive.
Mes ronces se font mousse.
Extrait de "Je m'appelle Mû et je suis un continent".
(déposé SGDL)
25 mai 2009
J'ai envie.......
" J'ai envie d'un homme, là, maintenant. Pour changer le monologue en dialogue, pour l'écho d'une voix, pour le vous qui se tutoie, pour le tu qui s'enhardit et le nous quelquefois. Pour un voyage de quelques heures au pays de son délire, de ma folie. Pour la joie de la découverte, pour le frisson d'avant-toucher, pour le chuchotement dans la nuit, pour l'hésitation des mains et des mots. Pour la pudeur inavouée et l'indécence dévoilée, pour le cri dans le silence et la pensée suspendue, oubliée, délaissée. Pour ce néant doux et éphémère et le matin complice et chaud d'après-guerre."
Extrait de "Je m'appelle Mû et je suis un continent".
07 mai 2009
Quelquefois....
Quelquefois... (j'avais remarqué que c'était les jours de grand vent), quelquefois il partait dormir au bout de sa nuit. Et je me sentais perdue, abandonnée. Dans ces moments-là, sa bouche tombait comme une amertume d'au-delà les mers, et j'avais envie de le réveiller, de le sortir de cette tristesse enfouie dans sa chair.
Le plus souvent, dès que le sommeil avait envahi ses cellules, il venait s'accrocher à moi comme un naufragé. Je devenais voilier, navire, paquebot, et lui tendais la bouée de mon corps pour qu'il puisse dormir jusqu'au port de ses matins. Il ne se souvenait en rien de ces voyages par-delà ses tourments nocturnes et s'éveillait, ancré en moi, soudain nautonnier de la pirogue que j'étais devenue.
Extrait de "Je m'appelle Mû et je suis un continent".
07 avr. 2009
La conquête
Ne plus savoir se servir de ses gestes et renaître encore. J'écris, à l'envers de mes décors, au négatif. Attendre un désir en rade de ses envies.
Je m'installe dans un quotidien en lampe de chevet, m'invente des rencontres dans les cours d'école, des récréations de tendresse, des caresses que je ne saurais pas, un langage de chat, et je m'enroule en foetus pour calmer mon angoisse. Etre libre, c'est quoi ? La liberté de se cacher du regard des autres... Et de son propre regard ?
Refaire la conquête de l'espace, de mon espace, trouver ma dimension cosmique, ma planète, mon continent.
Extrait "Je m'appelle Mû et je suis un continent"
14 mars 2009
Jacques danse
Pendant que la grande machine humaine continue à déverset ses torrents de déchirure et ses baumes du Tigre frelatés, je brinqueballe un nouvel amour en bandoulière, à l'intersection de mes sens en vadrouille. Je n'aime pas l'insuffisance !
J'ai erré dans son zoo, histoire de parler animal, bien décidée à déserter ma légende et cesser de trainer mes godillots dans les caniveaux du souvenir. Les chants de désespoir, très peu pour moi.
Jacques s'est posé comme un papillon sur le bord de mon coeur, avec la légèreté du danseur qu'il était. Je le regardais danser des heures durant, oubliant le couloir désertique de mes demains.
J'ai le coeur dans la petite culotte et le débraillé en dentelles. Lui reste prudent à la porte de mon orgasme. Nous nous sommes contentés d'un amour platonique, mais Jacques, Jacques, à t'écrire, je perds le sens de l'écriture. J'aime à te penser.
Extrait de "Je m'appelle Mû et je suis un continent"
07 mars 2009
Errance
J'ai longuement erré à la recherche d'empreintes, derrière des vespasiennes montmartroises, sous des portes cochères, et puis dans le fin fond du vert des yeux de ma fille, entre deux notes de musique dérisoires.
J'ai arpenté les rues interminables de mon souvenir, je leur donnais d'autres noms, des odeurs, ton odeur restée ancrée en moi.
J'ai parcouru des peaux les yeux fermés, tous sens olfactifs aux aguets. Quelquefois, là, au détour d'une aisselle...un parfum reconnu dans la nuit..entre sommeil et démangeaison, puis un orgasme qui n'atteint pas son ciel, comme un pétard mouillé.
Tes défauts devenaient qualités devant mon impossibilité à te retrouver chez d'autres. Je passais par là, en robe d'éphémère, en soutien rien, en j'oublie tout, le corps fermé à double tour, dans ma prison au passé composé avec un regard vers d'anciens soupirs et des raisons inventées au gachis de ma passion déchiquetée.
Longtemps je t'ai cherché chez d'autres, alors que j'avais ton adresse.
Extrait de "je m'appelle Mû et je suis un continent"
26 févr. 2009
Allô ?
15 mai 19
Aujourd'hui, j'erre, j'erre aux alentours de mes chagrins, un téléphone à portée de main, entre une note de jazz et un verre de rouge servi dans une coupe de cristal ciselée main s'il vous plait ! A la diagonale d'un amour à combien de sens ? Entre un flocon de neige et un vieux loup de mer, à l'orée de mes demains blancs, sous le tropique de mes quiétudes transformées en points d'interrogation.
-Allô ?
J'erre aux alentours de mes savoirs qui se font la malle de temps en temps comme une épouse en quête de célibat. aux alentours de mon amour qui déjà laisse son regard s'attarder sur d'autres formes, entre le roulis d'une coque délaissée, la mienne, et du coulis de framboise, devant des projets, derrière des promesses, sans plaque d'immatriculation, en poste restante, avec des bas résille et un imperméable ouvert sur une cicatrice ventrale, là où tous les séismes de mon continent se sont donnés rendez-vous l'année où tu épousais la forme chevaleresque de tes amours médiévales, dans la prairie de ton enfance désertée.
- Allô ?
J'erre aux alentours de mes envies, mon ombre sur le seuil de ta porte, un voile de crainte en guise de voile de mariée, sous les grains de riz de mes contradictions, à la limite de mes barreaux, la clé dans la main à la recherche de mes serrures, avec un coeur branque et un écho tellement lointain qu'on se demande si ce n'est pas mon imagination. Encore. D'ailleurs, j'erre aux alentours des mes encore.
- Allô ? allô c'est toi ? dis, ne mets tes mains dans d'autres poches que les miennes, allô tu verras je te ferai un enfant crème, un mélange de canelle et de blé, avec des reflets mordorés sur des joues en chocolat, avec des yeux bridés et verts, et un corps de danseur, alllô tu verras je mettrai des papillottes sur tes chagrins, je me démultiplierai et ferai éclater tes volcans, allô, je....
- Calme-toi, je t'aime.
Extrait de "Je m'appelle Mû et je suis un continent"
08 oct. 2008
"Et la tendresse fut. Ses yeux...soudain en douceur et je ne sais plus qui je suis. J'écoute les odeurs du jour, sa voix est musique, notre langage est différent, notre couleur aussi.
Je laisse monter la poésie et fais friser mes cheveux car j'ai envie de rondeurs. Il m'offre des camions de doux, je mousse, je neige, je soleille, j'onde en fines gouttelettes en attente de ses orages. Il m'apporte chaque matin un ciel à vous donner envie de voler, m'entraine dans l'entre-espace, dans la seconde de l'ange.
Mes couleurs s'entrechoquent Je retrouve mon écriture charnelle. J'ai beaucoup voyagé à travers mes folies mais je n'ai pas encore fait le tour de mes mythes. Je me laisse aller à être bien. Et je dessine des maisons.
Notre aventure est un instant de cristal qui a sa place dans ma galaxie, intouchable, entier, avec un début et une fin. Et avec toujours des tendresses à frissonner maintenant encore. Je l'aimais beaucoup. Beaucoup."
extrait de "je m'appelle Mû et je suis un continent".
13 mai 2008
Des partances
La sérénité est une fleur aquatique qui pousse sur la coque des bateaux en partance. Je fais le tour de mes rives, puis me déguise en rivière pour savoir si j'arrive enfin à rattraper la bouteille que j'ai, un jour, jetée à la mer.
(Je m'appelle Mû...déposé SGDL)
11 mai 2008
Des "avant"
Le temps est du bubble-gum, la dimension est une vraie pute qui se plie aux caprices de chacun, nous sommes des jongleurs et la terre est un immense cirque. D'abord, d'abord. D'abord, il y a eu Avant. Avant est un mot immense qui contient tout ce qu'on veut bien y fourrer, quand ça arrange. Avant flirte avec Souvenir, Avant n'a jamais les mêmes frontières. Il est Avant à partir d'aujourd'hui si on veut...et à partir de n'importe quel moment que l'on décide.
Avant est un foutoir. Avant est bien pratique !
Se ressouvenir, comme une quête incessante...
Adoncques, Avant a ce jour-là noué ses longs cheveux blonds sur le dessus de son crâne et enfilé une robe grecque, d'un bleu encre car elle se prend pour un livre. Se dit que cela complète bien le tableau..à cause du peintre qu'elle doit rencontrer ce soir. Mais elle ne le sait pas encore.
(extrait de "Je m'appelle Mû..." déposé S.G.D.L)
















